Tout savoir sur… le salbutamol

Le salbutamol en questions

Le salbutamol, plus connu par le grand public sous l’appellation ventoline, est la substance privilégiée pour le traitement de l’asthme. Son usage est strictement encadré par les règles édictées par l’AMA. Or de nombreux sports pratiqués à haut niveau, comme le cyclisme, peuvent être à l’origine même de cette maladie. Les problématiques soulevées par le salbutamol sont donc complexes. Éclaircissements.

Qu’est-ce que le salbutamol ?

Le salbutamol fait partie de la famille des bêta-2 agonistes qui agit sur les muscles lisses bronchiques. Plus prosaïquement, il s’agit d’un bronchodilatateur à courte durée d’action qui va libérer les bronches et augmenter le calibre des voies respiratoires. Présenté le plus généralement sous forme d’aérosol doseur, à travers un nébuliseur ou via une aérochambre, il s’administre également par voie orale ou en intraveineuse sa principale force est sa rapidité d’action et ses effets secondaires moins violents que d’autres types de thérapie, en particulier la théophyline, bien que notables (céphalées, tremblements, vomissements, crampes musculaires, sans compter les dangers à long terme).

Que dit la réglementation antidopage ?

Le salbutamol figure sur la liste des produits interdits de l’Agence mondiale antidopage (AMA), mais son utilisation n’est pas prohibée et ne requiert plus, depuis 2010, d’autorisation d’usage à des fins thérapeutiques (AUT). À l’époque, toutes les demandes étaient quasi systématiquement classées thérapeutiques, couvrant médicalement l’utilisation de ce produit.

L’AMA autorise désormais une dose maximale de 1 600 microgrammes par vingt-quatre heures, avec un maximum de 800 microgrammes toutes les douze heures. La concentration de salbutamol dans l’urine de l’athlète ne peut dépasser 1 000 nanogrammes par millilitres. Le sportif peut utiliser ce médicament s’il produit un formulaire de déclaration d’usage à présenter lors du contrôle. Ce formulaire doit être rempli par le médecin, spécialiste de préférence, qui attestera de la nécessité des prises de salbutamol pour la santé du sportif. Le versement au dossier des résultats d’éventuelles EFR (Épreuves fonctionnelles respiratoires) n’est pas obligatoire, mais conseillé, car ceux-ci apportent une preuve de plus de la nécessité du traitement.

Au-delà du seuil, le sportif doit prouver « par une étude de pharmacocinétique contrôlée que ce résultat anormal est bien la conséquence de l’usage d’une dose thérapeutique (par inhalation). » Ce taux de 1 000 nanogrammes de salbutamol par millilitres d’urine correspond à 16 bouffées de Ventoline. C’est plus que suffisant pour traiter un asthme. Si le patient n’est pas stabilisé avec cette dose, c’est qu’il faut revoir le traitement dans son ensemble. Au-delà de ce seuil, il s’agit bien d’une utilisation détournée du produit qui entre dans le cadre d’un contrôle anormal, entraînant de lourdes sanctions.

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Pourquoi les sportifs ont-ils recourt au salbutamol ?

De nombreuses études de grande ampleur montrent sans doute possible que de nombreux sports de haut niveau, comme le cyclisme, le ski de fond ou encore l’aviron, pour ne citer qu’eux, favorisaient l’asthme. Il y a ainsi plus d’asthmatiques chez les athlètes professionnels que dans le reste de la population. Le salbutamol est ainsi couramment utilisé dans le milieu du sport. Le salbutamol est également utilisé comme produit dopant puisqu’il a une double action. Premièrement, en tant que vasodilatateur, il augmente la consommation d’oxygène. Une simple bouffée peut ainsi accroître celle-ci de 0,3 litre. Deuxièmement, à haute dose, le salbutamol a des effets anabolisants : il favorise ainsi l’augmentation de la masse musculaire et la diminution de la graisse corporelle. Il s’agit donc d’un produit dopant.

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