XXIIIe Jeux olympiques d’hiver de PyeongChang 2018 – Informations antidopage

Rappel des règles antidopage à l’occasion de l’ouverture des XXIIIe Jeux olympiques d’hiver de PyeongChang.

Le Comité Monégasque Antidopage rappelle ci-dessous à toutes fins utiles quelques informations relatives aux règles et responsabilités antidopage s’appliquant aux sportifs qui défendront les couleurs de la Principauté de Monaco aux prochains Jeux Olympiques d’hiver.

Le respect des règles

I – Agents anabolisants :

Deux nouvelles substances ont été ajoutées dans la catégorie des modulateurs sélectifs des récepteurs aux androgènes (SARM) : le LGD-4033 (Ligandrol) et le RAD-140 (Testolone).

 S3. b2-agonistes :

Les protocoles de prescription du salbutamol ont été révisés pour préciser que des doses fractionnées de salbutamol ne devraient pas excéder 800 microgrammes au cours d’une période de 12 heures.

Le tulobutérol (non commercialisé en France) a été ajouté comme exemple de ß2-agoniste interdit.

 S4. Modulateurs hormonaux et métaboliques :

Le SR9009, un agoniste Rev-Erb-?, a été ajouté comme exemple d’activateur de la protéine kinase activée par l’AMP (AMPK) (effets biologiques similaires à ceux de l’AICAR).

 S5. Diurétiques et agents masquants :

Compte tenu de l’état des connaissances scientifiques acquises depuis 2012, les effets potentiels du glycérol sur les paramètres du passeport biologique de l’athlète (ABP), sont maintenant considérés comme mineurs. Par conséquent, le glycérol a été retiré de la Liste des interdictions.

S8. Cannabinoïdes :

Le sous-groupe des Cannabimimétiques (par ex. “Spice, JWH-018, JWH-073, HU210”) a vu son appellation modifiée en « Cannabinoïdes synthétiques » (par ex. ?9-tétrahydrocannabinol (THC)) et autres cannabimimétiques).

Les cannabinoïdes synthétiques sont l’une des principales classes de nouvelles substances psychoactives qui inclut constamment de nouvelles drogues. Les substances citées plus haut continuent d’être interdites. L’expression générique « autres cannabimimétiques » a remplacé ces exemples.

Le cannabidiol n’est plus interdit. Le cannabidiol synthétique ne contient aucune substance cannabimimétique ; cependant, le cannabidiol extrait des plants de cannabis, peut également contenir des concentrations variables de THC, qui reste une substance interdite.

S9. Glucocorticoïdes :

Des exemples de glucocorticoïdes couramment utilisés ont été ajoutés pour plus de clarté.

Incluant sans s’y limiter :

– Bétaméthasone ;
– Budésonide ;
– Cortisone ;
– Deflazacor t;
– Dexaméthasone ;
– Fluticasone ;
– Hydrocortisone ;
– Méthylprednisolone ;
– Prednisolone ;
– Prednisone ;
– Triamcinolone.

Les règles antidopage du Comité international olympique (CIO) seront en vigueur pendant les Jeux, lesquels commenceront le 1er février 2018 (à l’ouverture du village des athlètes) et prendront fin le 25 février 2018 (à la fin des cérémonies de clôture). Au cours de cette période, les athlètes pourraient subir des contrôles du dopage du CIO. Comme toujours, les athlètes pourraient en être avisés en tout temps et en tout lieu partout dans le monde, sans préavis.

Ces règles sont consultables sur le site de l’Agence Mondiale Antidopage (www.wada-ama.org) sous l’intitulé « Comité international olympique Règles antidopage applicables aux Jeux Olympiques d’hiver de PyeongChang 2018 ».

La liste des interdictions 2018

La Liste des interdictions 2018 de l’Agence mondiale antidopage (AMA) a été rendue publique le 29 septembre 2017 et est entrée en vigueur le 1er janvier 2018.

Elle est consultable sur le site du Comité Monégasque Antidopage.

Par rapport à la Liste antérieure, elle comporte quelques nouveautés :

II – Hormones peptidiques, facteurs de croissance, substances apparentées :

– Section 2.2.1. Facteurs de libération de la Gonadotrophine chorionique (et de la LH).

La desloréline, la goséréline, la nafaréline et la triptoréline ont été ajoutées comme nouveaux exemples de telles substances.

– Section 2.2.3. GH, ses fragments et ses facteurs de libération.

Les fragments de l’hormone de croissance ont été inclus : par exemple AOD-9604 et 176-191

Des analogues de la GHRH ont été ajoutés : CJC-1293. Un autre exemple de sécrétagogue de l’hormone de croissance a été ajouté, la tabimoréline.

Autres exemples de peptides libérateurs de la GH (GHRPs) : GHRP-1, -3, -4, et -5.

– Section 2.3. Facteurs de croissance.

La thymosine-ß4 et ses dérivés, par ex. TB-500, ont été ajoutés comme exemples de facteurs de croissance interdits.

Cobalt : il est rappelé que la vitamine B12, qui contient du cobalt, n’est pas interdite.

M2. Manipulations chimiques et physiques :

Le volume et la durée autorisés des injections intraveineuses ont été modifiés pour passer d’infusions/injections de moins de 50 mL par période de 6 heures, à des infusions/injections de moins de 100 mL au total, par périodes de 12 heures. Il s’agit là de permettre une plus grande flexibilité pour l’administration en toute sécurité de substances thérapeutiques non interdites (par ex., dans le cadre d’une supplémentation en fer).

M3. Dopage génétique :

Afin de prendre en considération les technologies les plus actuelles de manipulation des gènes, certaines définitions ont été ajustées. De manière plus claire, sont maintenant interdites les utilisations :

1.-de polymères d’acides nucléiques ou d’analogues d’acides nucléiques ;

2.- d’agents d’édition génomique conçus pour modifier les séquences génomiques et/ou la régulation transcriptionnelle ou épigénétique de l’expression des gènes ;

3.- de cellules normales ou génétiquement modifiées.

III – L’alcool

L’alcool a été retiré de la Liste des interdictions. Le but de ce changement n’est pas de compromettre l’intégrité ou la sécurité des sports où l’alcool est une préoccupation, mais plutôt d’appuyer la mise en œuvre de moyens différents d’imposer des interdictions de consommation d’alcool dans ces sports.

Les Fédérations Internationales (FI) concernées par ce changement ont été informées suffisamment à l’avance afin de modifier leurs règles et de mettre en place des protocoles pour tester la consommation d’alcool et sanctionner de manière adéquate les athlètes qui ne respectent pas les règles de leur sport. Le contrôle du processus donnera aux FI plus de flexibilité individuelle dans l’application des règles ou des seuils.

Les organisations nationales antidopage ne seront plus obligées de réaliser des contrôles, mais pourront aider les FI et les fédérations nationales si besoin.

 Programme de surveillance :

Les substances suivantes ont été ajoutées :

– 2-éthylsulfanyl-1H-benzimidazole (bémitil) : surveillance En et Hors compétition

– Hydrocodone : surveillance En compétition

– La mitragynine et le telmisartan ont été retirés du programme de surveillance car les informations attendues ont été obtenues.

Chaque sportif peut vérifier sur la base de données du site si le médicament qu’il prend contient une substance illicite ou utilise une méthode d’administration interdite. Cette base de données ne cible que les médicaments et substances autorisés à la vente en France et à Monaco. Pour les autres médicaments, il convient de se reporter aux bases de données des pays concernés.

Tous les échantillons prélevés par le CMA, les fédérations internationales (FI) et le CIO à compter du 1er janvier 2018 seront testés pour les substances et les méthodes qui figurent dans cette Liste des interdictions 2018.

Selon les règles antidopage du CIO, les échantillons prélevés pendant la période de 12 heures avant le début de la compétition et jusqu’à sa fin seront analysés en tenant compte de toutes les substances et les méthodes qui figurent dans la Liste des interdictions 2018 de l’AMA. Une compétition fait référence à une course, à un match ou à une partie.

Les échantillons prélevés en dehors de la période de compétition d’un athlète seront analysés en tenant compte des substances et des méthodes interdites hors compétition uniquement.

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Procédures de contrôle du dopage pendant les Jeux

Pendant les Jeux, en conformité avec les droits et les responsabilités des athlètes en vertu du Programme antidopage, les sportifs de Monaco sont :

  • encouragés à se faire accompagner pendant un contrôle du dopage afin que cette personne agisse comme représentant et aide pour la traduction et l’interprétation, au besoin;
  • invités à signaler leurs inquiétudes concernant le processus de contrôle du dopage dans un Rapport supplémentaire (le cas échéant) ou dans la section Commentaires du Formulaire de contrôle du dopage;
  • sont mis au courant de nouveau qu’une fois qu’ils ont été avisés qu’ils doivent subir un contrôle du dopage, ils doivent se rendre immédiatement au poste de contrôle du dopage, à moins qu’ils demandent un délai pour une raison valable et que ce soit approuvé par l’équipe antidopage responsable des Jeux de 2018 à PyeongChang.

Les raisons valables pour exiger un délai avant de se rendre à un poste de contrôle du dopage comprennent :

  • Prendre part à une période de récupération;
  • Obtenir un traitement médical;
  • Remplir un engagement auprès des médias;
  • Participer à une séance d’entraînement;
  • Assister à une cérémonie de remise des médailles.

Si un sportif obtient un délai pour se présenter à un poste de contrôle du dopage ou pour quitter un poste de contrôle du dopage, il devra être accompagné par un agent de notification et d’accompagnement des sportifs aussi appelés «escorte » ou « chaperon ».

Le site Web du Comité est consultable pour obtenir d’autres renseignements antidopage, incluant les procédures de prélèvement des échantillons ainsi que les droits et les responsabilités des athlètes.

Les règles antidopage du CIO stipulent que les sportifs qui font partie du Groupe cible enregistré (GCE) du CMA ou du Groupe cible enregistré de leur Fédération Internationale doivent continuer à mettre à jour les renseignements sur leur localisation dans ADAMS pendant les Jeux.

Médicaments

À compter du 1er janvier 2018, les athlètes qui doivent prendre des médicaments prescrits ou en vente libre doivent vérifier le statut de tous leurs médicaments afin de déterminer s’ils figurent dans la Liste des interdictions 2018 de l’AMA.

A Monaco, les sportifs peuvent vérifier leurs médicaments en :

  • utilisant la base de données du site du CMA;
  • envoyant un courriel à  alessio@onad-monaco.mc;
  • appelant le CMA au +377 97 77 56 49;
  • communiquant avec le médecin de leur équipe ou celui du Comité olympique monégasque assigné à leur sport.

Pendant les Jeux, les athlètes doivent consulter un médecin d’équipe du COC concernant leurs médicaments.

Autorisations d’usage à des fins thérapeutiques

Selon les règles antidopage du CIO, les sportifs monégasques qui prennent des substances interdites pour des raisons médicales justifiées doivent détenir avant les Jeux une autorisation d’usage à des fins thérapeutiques (AUT), qu’on trouve dans ADAMS.

La Commission médicale et scientifique du CIO conseille aux athlètes de « traiter les demandes d’AUT sérieusement et demander l’aide d’experts dans tous les cas. Utiliser une substance ou une méthode interdite qui figure dans la Liste des interdictions 2018 avant ou sans l’obtention d’une AUT constitue une violation des règles antidopage (VRAD) » (Comité olympique international, 2017).

À compter d’aujourd’hui, pour satisfaire aux exigences en matière d’AUT du CIO, le CMA recommande que les sportifs qui détiendraient une AUT du CMA ou de leur FI vérifient ce qui suit:

  • Date d’expiration de l’AUT– pour s’assurer qu’elle est valable pendant les Jeux;
  • Médicament et dosage de l’AUT– pour s’assurer qu’ils tiennent compte du plan de traitement actuel;
  • Autorité mandatée de l’AUT– les athlètes qui détiendraient une AUT du CMA doivent vérifier les exigences en matière d’AUT de leur FI pour les Jeux.

Les sportifs monégasques qui ont besoin d’une AUT doivent :

  • Avant les Jeux– communiquer avec leur FI pour connaître les exigences en matière d’AUT;
  • Pendant les Jeux– soumettre une demande auprès de la Commission médicale et scientifique du CIO. Les médecins d’équipe faciliteront ce processus.

Dans tous les cas, les athlètes doivent tenir informés leur médecin d’équipe et le médecin en chef du COC du statut de leur demande d’AUT.

Les athlètes peuvent obtenir des renseignements supplémentaires sur les AUT en :

  • consultant le secrétariat permanent du CMA au +377 97 77 56 49;
  • envoyant un courriel à andrea.alessio@onad-monaco.mc;

Le CMA rappelle qu’il n’existe aucun moyen de garantir qu’un supplément ne contient pas de substances interdites, même les suppléments dont aucune substance interdite ne figure sur leur étiquette. Les sportifs étant responsables de tout ce qui se trouve dans leur échantillon, ils sont appelés à faire preuve de la plus grande vigilance.

Politique en matière d’injection

La Commission médicale et scientifique du CIO énonce que les Jeux sont « sans seringues » pour tous les athlètes participants. Seuls les professionnels de la santé qualifiés (médecins ou infirmières) peuvent utiliser des seringues pour un traitement clinique justifié, qui doit être déclaré sur le formulaire désigné du CIO. Exceptionnellement, les seringues peuvent également être utilisées pour des auto-injections par les athlètes dont les conditions cliniques nécessitent des auto-injections et qui détiennent un AUT correspondante valable (par exemple, les diabétiques insulinodépendants) » (Comité olympique international, 2017). 

Suppléments

La Commission médicale et scientifique du CIO rappelle aux athlètes que « l’utilisation de suppléments nutritionnels est déconseillée, car vos échantillons pourraient révéler la présence de substances interdites. Les suppléments devraient uniquement être utilisés pour des raisons médicales et toujours sous la supervision d’un professionnel médical (comme le médecin de l’équipe ou le nutritionniste du sport) afin de minimiser le risque que vos échantillons révèlent la présence de substances interdites » (Comité olympique international, 2017).

Le CMA rappelle qu’il n’existe aucun moyen de garantir qu’un supplément ne contient pas de substances interdites, même les suppléments dont aucune substance interdite ne figure sur leur étiquette. Les sportifs étant responsables de tout ce qui se trouve dans leur échantillon, ils sont appelés à faire preuve de la plus grande vigilance.

Hyperandrogénisme

En novembre 2015, la Commission médicale et scientifique du CIO a mis sur pied un groupe d’experts afin d’analyser les preuves scientifiques et cliniques accessibles sur le changement de sexe et l’hyperandrogénisme. Comme ce fut le cas pendant les Jeux olympiques de 2016 à Rio, le CIO n’imposera pas d’autres règles aux athlètes féminines hyperandrogéniques pour les Jeux olympiques d’hiver de 2018 à PyeongChang.